Bases de données juridiques : mesurer l’utilisation pour choisir entre les ressources

Et un aparté sur deux gourous du "Legal IT"

Mardi 22 septembre 2009, par Emmanuel Barthe // La documentation juridique

Ron Friedmann, ex-lawyer et consultant américain en KM et informatique juridique avec sa société Prism Legal Consulting, a remarqué l’article de The American Lawyer du 3 septembre 2009 (qui publie les résultats de l’enquête annuelle "AmLaw 200 law libraries").

Friedmann le commente avec une certaine pertinence [1].

De ce commentaire rapide, pour notre niveau français à nous, je retiens deux choses :

  • d’abord l’accent mis par nos collègues US sur l’évaluation de l’utilisation réelle des ressources en ligne. Evidemment, certaines nécessitent plus de formation que d’autres et seront donc défavorisées ... Mais bien concevoir une plateforme en ligne ou une simple base de données juridiques n’est pas si difficile que ça au niveau des principes et méthodes. Aux USA, des logiciels mesurent l’utilisation. En France, pas de soft adapté apparemment, mais du point de vue de l’acheteur, les statistiques d’utilisation d’outils au prix élevé sont vraiment un élement que tout éditeur devrait fournir. Or on est loin du compte : seuls deux acteurs majeurs en fournissent
  • ensuite le choix fait de plus en plus souvent entre Westlaw et Lexis. On est en France déjà souvent obligé de choisir, de ne pas prendre certaines plateformes. Le "tout avoir" semble arriver à sa fin. Le "cost effective" semble commencer ses débuts.

Entre parenthèses, sur ce sujet de l’interaction entre IT et droit, je trouve Friedmann plus pertinent et réaliste, et plus "les mains dans le cambouis" que le gourou Richard Susskind qui n’en finit pas de nous annoncer qu’il avait raison 15 ans à l’avance et qui reste très anglo-saxon dans son approche. Pour ses aficionados, M. Susskind a commis l’an dernier un nouvel essai au titre provocateur : The End of Lawyers ? Rethinking the nature of legal services (La fin des juristes ? Repenser la nature des services juridiques) (Oxford University Press, novembre 2008) [2]. Ceci après The Future of Law (OUP, 1996) et Transforming the Law (OUP, 2000) (dans lequel il annonçait le trimphe des systèmes experts en droit — bon, en tout cas en France, on en est loin, même si ça peut prendre ce chemin tout doucement un jour). Susskind est également co-directeur de la revue International Journal of Law and Information Technology.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, ex-responsable IT en cabinet d’avocats pendant trois ans

Notes de bas de page

[1] Strategic Legal Technology (le blog de Ron) 9 septembre 2009.

[2] Ouvrage signalé par Caura Barszcz dans la dernière livraison (18 septembre 2009) de sa newsletter Juristes associés.

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